Blog de Rawa-Marie Pichetto
Écriture spontanée, sans fioritures...

Ce blog est un récit.
Le récit de "personnages en quête d'auteur", comme dirait Pirandello...
Il s'agit de passer l'énergie sous forme de mots et d'images qui eux-mêmes vont pouvoir la recréer à nouveau. C'est toute la difficile alchimie du Verbe et de ses diverses articulations.
Alchimie que l'on trouve au théâtre.
Les planches m'ont appris ce mystère incroyable que l'on trouve dans les mots. Ces mots qui nous touchent, nous caressent, nous procurent du plaisir. Les mots qui parviennent à notre peau, sensuellement parfois. Et nous n'en sortons pas indemnes.
J'emprunte à tout ce monde de la scène - théâtre, cirque, danse, théâtre dansé, etc. - sa magie ; afin qu'il en tombe par-ci et par-là, dans ces mots que je crée, par-ci et par-là...


En contrepartie du "chapeau" de ce blog (la citation de Paul Valéry), je pense à ce poème de Charles Baudelaire dans les Fleurs du Mal :

'Correspondances'
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

samedi 21 octobre 2017

Pittoto,

Demain 22 octobre 2017, est le souvenir de ton départ de la vie physique. Ton cœur s'est arrêté ce jour-là, et tu es parti... Ton corps a été incinéré le 27 octobre.
Tu me manques Pittoto.
J'ai gardé ton souvenir le plus pur possible, afin de préserver ce que tu as pu faire, ton œuvre, ton esprit.

Il est dur de ne plus pouvoir gloser avec toi tel des marins sans cesse ivres d'embrun, comme tu me l'as écrit un jour lorsque tu parlais de notre propension à cette parole infinie, et tu as employé cette image des 'marins ivres d'embrun', que j'avais trouvée très belle, et pleine de cette poésie succincte dont tu étais capable parfois, ayant une âme de poète discret...
Je continue à sentir ton cœur qui m'a tant donné, qui a arrosé ma vie malgré toutes les douleurs, et les tiennes surtout.

J'ai toujours envie de croire aux esprits après la mort pour penser que tu es quelque part parmi nous.

Quelques jours avant ton décès, j'écoutais cette chanson-poème de Mahmoud Darwich, un poète palestinien, interprétée par Marcel Khalifé.
"J'ai la nostalgie du pain et du café de ma mère... L'enfance grandit en moi jour après jour, et j'adore ma vie car si je venais à mourir j'aurais honte des larmes de ma mère..."
J'étais imprégnée de ces mots avant ta mort, comme si je t'accompagnais doucement dans ce voyage que tu ne craignais pas, je le sais car tu me l'avais déjà dit plusieurs fois. Tu n'avais pas peur de mourir.

Je garde en moi cette " jeune branche de la fidélité " (d'un autre poème de Darwich qui s'appelle : La plus belle des mères et qui dit :
La plus belle des mères est celle qui avait attendu son fils,
Et il est rentré martyr
Alors elle a pleuré : deux larmes et une rose
Et ne s'est pas isolée dans les habits du deuil.
Nous résistons ici à côté de ces énormes débris,
Dans le cœur, cette jeune branche de la fidélité.)

Je garde cette "branche de la fidélité" Pittoto, car tu m'as donné beaucoup et aucun mot pour l'instant ne peut quantifier et qualifier cet héritage que j'épure et travaille petit-à-petit... 

Repose-toi en paix.

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