Blog de Rawa-Marie Pichetto
Écriture spontanée, sans fioritures...

Ce blog est un récit.
Le récit de "personnages en quête d'auteur", comme dirait Pirandello...
Il s'agit de passer l'énergie sous forme de mots et d'images avec toute la difficile alchimie du Verbe et de ses diverses articulations.
Alchimie que l'on trouve au théâtre.
Les planches m'ont appris ce mystère incroyable que l'on trouve dans les mots. Ces mots qui nous touchent, nous caressent, nous procurent du plaisir. Les mots qui parviennent à notre peau, sensuellement parfois. Et nous n'en sortons pas indemnes.
J'emprunte à tout ce monde de la scène - théâtre, cirque, danse, théâtre dansé, ... - sa magie, afin qu'il en tombe par-ci et par-là...


En contrepartie du "chapeau" de ce blog (la citation de Paul Valéry), je pense à ce poème de Charles Baudelaire dans les Fleurs du Mal :

'Correspondances'
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.
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jeudi 23 octobre 2014

"Le travail des mains sur la pâte est pareil à celui du démiurge qui façonna le corps des hommes, et le levain est pareil au ferment même de la vie." 

J.M.G. Le Clézio, ‘L’inconnu sur la terre’.

Parce que le pain est une initiation à la vie, et à la vie de la matière et des éléments... Parce que je suis passionnée de pain surtout depuis le temps que j'ai commencé à le faire moi-même, pétrir la pâte et m'occuper du levain : un véritable "être vivant", un peu invisible avec ses petites bêtes qui s'agitent dans un bocal... Parce que c'est une histoire d'eau, d'air, de farine et de sel... qui nous apprend à respecter le temps, les éléments et la chimie entre eux, à être humbles aussi, et à comprendre ce que nos ancêtres, nos grand-mères mêmes, faisaient avec leurs mains pour vivre et survivre... Faire le pain est la vie. Il crée autour de soi une belle ribambelle de rituels, et nous apprend à aller moins vite, à attendre et respirer.

Photo de Jorge Sarmento. http://jorgesarmento.com/set/making-bread-in-centenary-hoven/


mardi 1 janvier 2013

VOEUX !

En 2007, j'avais écrit ce texte de "voeux" à mes collègues de travail à l'époque... 

Vous imagineriez bien ce que j'aurais dit si j'avais à le reprendre cette année... 

Malgré tout, j'envoie un message d'espoir, d'amour et de paix à la Syrie. 


" Bonjour tout le monde...,

Je vous ai fait une petite carte maison pour les voeux... Carte ancienne scannée, nettoyée et retravaillée.
Vous y trouverez tous mes souhaits, naturellement.. plein de petites pensées pour tout le monde, et toute la symphonie des mots qu'on peut sortir à l'occasion des fêtes. Tout cela est pour vous.

Mais...

Mon coeur, lui, a du mal à souhaiter quoi que ce soit à quiconque en ce moment tant qu'il voit le monde marcher à l'envers.
Des enfants mourant de faim... et je ne parle pas des guerres.

Et dans l'un des plus beaux pays du monde, riche, civilisé, pays des Lumières... de la Fraternité.. oui, évidemment ! Mais...

Dans ce pays, qui est le mien aussi, tant que je vois et constate qu'on avale gentiment les nouvelles balancées par cette machine que je hais maintenant, et qui s'appelle la Télé et les journalistes pour qui j'ai très peu de respect (pas tous mais ceux qui nous racontent la mort d'un SDF ou le dernier tremblement de terre, et les dernières nouvelles des stars avec le même sourire béat. Sourire des insensibles, sourire des machines.), donc, tant que je constate cette anesthésie généralisée, ce pays qui marche vers un gouffre, humain, social et politique, et bien mon coeur lui, il pleure.

Et je ne peux plus rien souhaiter à personne tant qu'on continue à rire et les gens meurent de solitude.

J'ai connu pire puisque j'ai vécu 23 ans dans le tiers-monde.... comme on dit ! En Syrie, l'un des plus vieux pays du monde où civilisations, conquêtes et déclins se sont succédés, mais en Syrie, où les gens peuvent encore mourir de maladie par pauvreté, ou autre... , au Liban où ... no comment, et je passe le reste ...., dans ces pays-là il n'y a pas de "démocratie", il n'y a rien, à part le passé des gens qui ont gardé le sourire ancestral et leur gentillesse et ont perdu leur cerveau.... Et bien, ces pays-là ne sont pas la France ! où... où ... on a tout, tout ... tous les moyens pour au moins sauver ceux qui sont sur place ! Les SDF comme les pauvres, comme les étrangers... et on continue à rigoler.... jusqu'au moment où on va en pleurer et très gravement car je crains que d'ici quelques mois un certain vicelard arrive en fanfare, accompagné de tous les vices du monde pour nous transformer la France en grande prison,  en terre de peur, de violence, de haine... et je passe..

Alors, les voeux... ! Je passe aussi et vous m'en excuserez fort. 2007" 

mercredi 17 octobre 2012

Réflexions autour du silence


J'étais en train de réfléchir au silence, au mutisme d'une partie des gens autour d'une guerre, d'une injustice...
L'impuissance rend silencieux. Certes.

Mais j'étais en train de réfléchir aussi à ceci :
la base de la publicité par exemple (désolée de l'exemple que je prends..) est de parler de la chose qu'on veut vendre... On en fait des tonnes pour un dentifrice par exemple !
Je ne comprends pas pourquoi on est capable de se mobiliser autour d'un dentifrice et non autour de la cause d'un peuple qui souffre d'injustice ? C'est plus facile le dentifrice... mais pas seulement : ça vend.
Un peuple qui souffre, on s'en fout.

Le silence tue.

Si vous rencontrez une personne qui souffre, n'hésitez pas, discrètement, à lui faire comprendre que vous sentez ce qu'elle vit. Le silence est la pire des choses qu'on peut rencontrer dans ces circonstances.
La notion d'une certaine forme de pudeur peut faire mal parfois...

Je dis cela car j'entends souvent autour de moi : "on ne te pose pas la question autour de tes parents car on a peur de te faire mal".

NON : ça ne fait pas mal ! NON : ça prouve qu'on pense aux autres. C'est tout.

RP