Blog de Rawa-Marie Pichetto
Écriture spontanée, sans fioritures...

Ce blog est un récit.
Le récit de "personnages en quête d'auteur", comme dirait Pirandello...
Il s'agit de passer l'énergie sous forme de mots et d'images qui eux-mêmes vont pouvoir la recréer à nouveau. C'est toute la difficile alchimie du Verbe et de ses diverses articulations.
Alchimie que l'on trouve au théâtre.
Les planches m'ont appris ce mystère incroyable que l'on trouve dans les mots. Ces mots qui nous touchent, nous caressent, nous procurent du plaisir. Les mots qui parviennent à notre peau, sensuellement parfois. Et nous n'en sortons pas indemnes.
J'emprunte à tout ce monde de la scène - théâtre, cirque, danse, théâtre dansé, etc. - sa magie ; afin qu'il en tombe par-ci et par-là, dans ces mots que je crée, par-ci et par-là...


En contrepartie du "chapeau" de ce blog (la citation de Paul Valéry), je pense à ce poème de Charles Baudelaire dans les Fleurs du Mal :

'Correspondances'
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

mardi 7 octobre 2014

Humeurs poétiques.

Petites notes de lecture : "La Mémoire et la mer" de Léo Ferré.


Il y a des textes qui nous happent, s'emparent de nous, nous envoûtent et nous possèdent.
Il en est ainsi de " La Mémoire et la mer" de Léo Ferré...

Un texte puissant. Il tape, il cogne comme une vague au bord de la mer, lorsqu'assis, nous la recevons en plein corps...
" La Mémoire et la mer" que j'écoute en boucle depuis des jours... afin de pouvoir m'imprégner totalement du texte... un peu comme lorsque nous nous laissons aller sur le dos de la mer qui nous porte ; nous fermons les yeux et nous oublions la limite physique entre notre corps et le corps de la mer...

Les images poétiques déferlent dans ce texte et sont d'une beauté frappante, tantôt par sa douceur, tantôt par la surprise des correspondances recherchées dans les images tricotées les unes aux autres, évoquant des milliers et des milliers de mondes qui s'enlacent et se croisent...

J'adore cette puissance de la douceur et de la tendresse dans cette image magnifique (c'est moi qui mets en italique) :
" Je suis le fantôme jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Et te ramasser dans ses rimes

Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre "

" la brume en baisers" , l'évocation est magnifique... ; " te ramasser dans ses rimes"... terriblement belle.

Le passage de la "mathématique bleue" me tombe comme une douceur poétique absolue...

....

En aparté : j'admire également la capacité de Léo Ferré à nous faire revoir, dans certains de ses poèmes, le mot "cul " dépourvu de son usage trivial dans le langage courant...
Dans "La Mémoire et la mer" , le mot "cul" s'élève au rang de la poésie, prend pleinement place dans le poème. Poème dense, d'une haute tension poétique, à lire, relire et surtout écouter par Léo Ferré. La poésie est un art musical avant tout...



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